La recherche sur les inégalités -
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L’évolution des inégalités entre ménages face aux dépenses de logement (1988 - 2006)
le 10 décembre 2009
Le coût du logement en France a davantage progressé pour les plus pauvres que pour les riches, montre Gabrielle Fack, économiste et professeur assistant à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone. L’amélioration de la qualité des logements n’explique pas tout. Article extrait de Informations sociales, 2009/5, n°155, Caisse nationale des allocations familiales.Le logement constitue aujourd’hui pour nombre de ménages le poste principal de consommation, et représente le noyau dur des « dépenses contraintes ». À ce titre, les hausses du coût du logement sont considérées comme autant de baisses du pouvoir d’achat ; la flambée récente des prix immobiliers a ainsi contribué à alimenter la perception d’une forte augmentation des dépenses contraintes. Cependant, le poids du logement dans le budget total des ménages diffère en réalité beaucoup selon les foyers et les évolutions du marché immobilier n’affectent pas tous les ménages de la même façon : la hausse des prix immobiliers rend beaucoup plus coûteuse l’accession à la propriété pour les nouveaux accédants, mais elle accroît le patrimoine des propriétaires ; les tensions sur le marché immobilier affectent les locataires de façon différente selon le secteur de location, social ou libre.
La diversité des situations des ménages face au coût du logement est cependant difficile à évaluer à cause de l’hétérogénéité des dépenses de logement. L’immobilier est en effet à la fois un bien de consommation et un bien d’investissement, et la mesure des dépenses de logement varie en fonction de la méthode adoptée pour prendre en compte ces deux aspects. Les dépenses liées à l’achat d’un logement sont ainsi ignorées dans le calcul de l’indice des prix à la consommation, où seuls les loyers des locataires sont utilisés. À l’opposé, la méthode de la comptabilité nationale consiste à imputer aux propriétaires des loyers fictifs pour calculer les dépenses courantes de logement consommées par ces ménages. Dans les deux cas, la hausse des prix de l’immobilier et de la charge induite pour les propriétaires accédants n’est donc pas prise en compte directement dans le calcul des dépenses de logement. L’étude séparée de l’évolution des statuts d’occupation et des coûts afférents à la location et à l’accession à la propriété permet de mieux cerner les ménages pour lesquels le logement occupe une part de plus en plus importante du budget et ceux pour lesquels il occupe au contraire une part relativement faible. La présente étude exploite les résultats des cinq dernières enquêtes Logement réalisées par l’Insee (1988, 1992, 1996, 2002 et 2006). L’analyse s’organise en trois parties : une première est consacrée à l’évolution des statuts d’occupation ; une deuxième étudie successivement les dépenses des accédants à la propriété puis celles des locataires ; enfin, une dernière partie examine l’évolution des conditions de logement.
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Article extrait de Informations sociales, 2009/5, n°155 - Caisse nationale des allocations familiales.
photo : photo-libre.fr





