Le taux de chômage selon la nationalité le 3 novembre 2008 Un quart des actifs non-ressortissants de l’Union européenne sont au chômage contre 8 % de l’ensemble de la population active et 7,5 % des Français.
Le chômage frappe beaucoup plus les étrangers que les Français : en moyenne, plus d’un cinquième des actifs non-ressortissants de l’Union européenne étaient demandeurs d’emploi en 2007, contre 8 % de l’ensemble de la population active et 7,5 % des Français. Chez les femmes actives non-ressortissantes de l’Union européenne, le taux de chômage atteint 26,1 %. Une partie de cet écart tient au niveau de diplôme : les étrangers sont moins qualifiés en moyenne que les Français (et les diplômes de certains d’entre eux ne sont pas reconnus). Mais les étrangers subissent aussi des discriminations.
Taux de chômage selon la nationalité et le sexe Unité : %
Homme
Femme
Ensemble
Français
7,0
8,0
7,5
Etrangers
14,8
18,3
16,3
dont Union européenne
7,3
8,9
8,1
dont non UE
19,6
26,1
22,2
Ensemble
7,4
8,5
8,0
Source : Insee - Enquête emploi. Année des données : 2007
Taux de chômage selon la nationalité et l'âge
Français
Etrangers
Ensemble
De 15 à 29 ans
14,1
23,2
14,5
De 30 à 49 ans
6,0
15,5
6,5
50 ans et plus
4,9
13,6
5,4
Ensemble
7,5
16,3
8,0
Source : Insee - Enquête emploi. Année des données : 2007
Les dernières données détaillées et disponibles du recensement fait par l’Insee montrent qu’il existe des inégalités considérables selon les nationalités. Entre 30 et 39 ans, plus de 35 % des étrangers originaires d’Afrique sont au chômage, contre 11 % de ceux qui viennent de l’intérieur de l’Union européenne. Là aussi, plusieurs facteurs jouent. La discrimination ne s’applique pas de la même façon à tous, notamment selon la couleur de peau. Mais surtout, les étrangers ont des origines diverses et certains sont davantage qualifiés.
Le secteur d’emploi entre aussi en considération. Une partie des étrangers (c’est le cas de ceux qui sont originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne), ont été plus fortement touchés par la crise des grandes industries françaises (l’automobile et la sidérurgie notamment), alors que d’autres (Italiens, Espagnols et Portugais par exemple) étaient plus souvent employés dans des secteurs qui ont moins perdu d’emplois, et où le réseau familial joue davantage pour trouver du travail, le bâtiment par exemple.
Taux de chômage selon la nationalité détaillée Données pour les 30-39 ans Unité : %
Taux de chômage en %
Ensemble des étrangers
23,7
Union européenne
10,9
Espagnols
15,1
Italiens
13,8
Portugais
10,1
Algériens
37,3
Marocains
35,4
Tunisiens
35,8
Autres nationalités de l’Afrique(*)
36,8
Turcs
31,6
Vietnamiens, Laotiens et Cambodgiens
26,4
Autres
23,3
(*) Anciennes colonies françaises
Source : Insee - Recensement de la population. Année des données : 1999
Entre les jeunes dont les parents sont nés en France et ceux dont au moins un des deux parents est né à l’étranger, les différences de taux de chômage après trois ou cinq années de vie active, pour ceux qui sont entrés sur le marché du travail en 1998, sont considérables. Le taux de chômage des jeunes dont au moins un des parents est né en Turquie atteint même 26 % (en 2003). Plusieurs phénomènes expliquent ces écarts : l’origine sociale des parents, la disponibilité ou non de réseaux d’intégration dans l’emploi, et des discriminations à géométrie variable selon l’origine.
Taux de chômage des jeunes issus de l'immigration entrés dans la vie active en 1998 Unité : %
Un des parents né en Europe du Sud
Un des parents né au Maghreb
Un des parents né en Afrique subsaharienne
Un des parents né en Asie du Sud-Est
Un des parents né en Turquie
Les deux parents sont nés en France
Taux de chômage au bout de 3 ans de vie active
11,8
20,1
21 *
14,3 *
19,6 *
10,2
Taux de chômage au bout de 5 ans de vie active
12,6
21,1
19,4 *
12,9 *
26,1 *
10,4
* chiffres donnés à titre indicatif. Ils ne sont pas pleinement fiables compte tenu du faible effectif des catégories correspondantes.
Source : Céreq - Enquêtes Génération 1998
Les jeunes d'origine maghrébine face au risque de chômage Probabilité pour les titulaires d'un CAP ou d'un BEP d'être au chômage par rapport à un Français de même niveau de diplôme
Entrés dans la vie active en 1992 et 3 ans passés sur le marché du travail
Entrés dans la vie active en 1992 et 5 ans passés sur le marché du travail
Entrés dans la vie active en 1998 et 3 ans passés sur le marché du travail
Entrés dans la vie active en 1998 et 5 ans passés sur le marché du travail
D'origine maghrébine
1,6
1,3
1,6
1,5
D'origine française (référence)
1
1
1
1
Source : Céreq - Enquêtes Génération 92 et Génération 98
A diplôme équivalent, en l’occurrence pour cette étude du Céreq, un CAP ou un BEP, les jeunes d’origine maghrébine ont entre 1,3 et 1,6 fois plus de risques que ceux d’origine française de se retrouver au chômage. Ce risque est d’autant plus fort que le temps passé sur le marché du travail est bref, et a augmenté pour ceux qui sont entrés dans la vie active en 1998 par rapport à 1992.